Chers promenants nonchaleurs
Vous savez qui je suis, « un chevalier qui erre à travers le monde pour en redresser tous les torts ». Aujourd’hui, la gloire est pour moi puisque je vais redresser un tort vieux comme vos cahiers d’écoliers ; on a fait dire à la fameuse poésie de Du Bellay, en la tronquant, l’inverse de ce qu’elle signifie.
Aujourd’hui je ceins mon épée et pourfends l’erreur, en vous dévoilant la seconde partie de la poésie.
« Et je pensais aussi ce que pensait Ulysse,
Qu’il n’était rien plus doux que voir encor un jour
Fumer sa cheminée, et après long séjour
Se retrouver au sein de sa terre nourrice.
Je me réjouissais d’être échappé au vice,
Aux Circés d’Italie, aux sirènes d’amour,
Et d’avoir rapporté en France à mon retour
L’honneur que l’on s’acquiert d’un fidèle service.
Las, mais après l’ennui de si longue saison,
Mille soucis mordants je trouve en ma maison,
Qui me rongent le cœur sans espoir d’allégeance.
Adieu doncques, Dorat, je suis encore romain,
Si l’arc que les neufs sœurs te mirent en la main
Tu ne me prête ici, pour faire ma vengeance."

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